Coupet: "Une grosse déception"
Dans un entretien diffusé dimanche sur Canal + et enregistré vendredi, Grégory Coupet a confié sa "grosse déception" d'avoir été devancé par Fabien Barthez pour le poste de gardien titulaire des Bleus en Allemagne. Marqué, le portier de l'OL avoue ne pas trop comprendre les raisons de cette décision que lui a annoncée jeudi Raymond Domenech et montre une certaine appréhension à l'idée de rejoindre le groupe en stage à Tignes à partir du 21 mai. Le meilleur gardien de Ligue 1 a une semaine pour digérer cette désillusion.
Coupet avait le masque samedi, on comprend pourquoi...A voir le visage inhabituellement fermé de Grégory Coupet samedi soir à l'issue du dernier match de la saison et de la large victoire lyonnaise sur Le Mans (8-1), on se doutait que le portier des quintuples champions de France savait. C'est en fait jeudi que Raymond Domenech est venu lui annoncer qu'il ne serait pas le titulaire des Bleus en Allemagne, le sélectionneur ayant privilégié le vécu de Barthez à la constance au plus haut niveau de son rival. Informé jeudi, le gardien de l'OL a accordé vendredi un entretien à Canal + diffusé dimanche soir dans L'Equipe du dimanche, dans lequel il ne cache pas son "énorme déception".
"J'ai fait le maximum, j'ai tout tenté, je pense avoir tout fait, explique-t-il, presque les larmes aux yeux, la voix chevrottante. Mais j'attaquerai la Coupe du monde en numéro 2. Il faut qu'on me mette en avant ce qui ne va pas." La déception est vraiment palpable chez Grégory Coupet qui, dimanche dernier au moment de recevoir son nouveau Trophée UNFP de meilleur gardien de Ligue 1, craignait sa réaction en cas de décision défavorable. "Si je me retrouvais numéro 2, ce serait sûrement dur à avaler. Il me faudrait certainement un laps de temps pour m'en remettre, accepter la décision et me remettre dans un état d'esprit positif pour le groupe. Pour le moment, je préfère ne pas y penser tellement ça pourrait être traumatisant."
"J'ai des raisons d'être perplexe, non ?"
Traumatisé, le gardien rhodanien l'était assurément lorsqu'il a confié sa réaction à Canal +, et c'est volontairement qu'il a souhaité cette mise au point précoce, de façon à ne pas avoir à répondre aux inévitables questions de la presse et surtout à éviter de se laisser emporter: "Le fait d'être sollicité constamment va provoquer chez moi une grande colère, je ne veux pas tomber dans le panneau. Si je fais cette interview, c'est que j'arrive à canaliser, j'évite ainsi de m'emporter de façon à éviter de dire des bêtises et à protéger le groupe. Je ne peux pas tout dire..."
Incontestablement, Grégory Coupet a du mal à réfréner son tempérament et à ne pas hurler à la face du monde du football son désarroi, sa colère face à une décision qu'il ne comprend pas. "C'est très dur. Je ne sais pas ce qui a motivé cette décision. J'attends d'en avoir la raison, quand il y a eu l'annonce, je n'ai pas cherché à poser des questions. La chance de participer à une phase finale revient à Fabien, j'ai des raisons d'être perplexe, non ?" Une perplexité qui se double d'une réelle appréhension à l'idée de retrouver le groupe et les questions dans une semaine à Tignes où seront réunis les 23. "Je pense vraiment souffrir à Tignes, je vais être plongé dans la confrontation avec les journalistes. La vie au quotidien avec Fabien, Monsieur Domenech et Monsieur Martini, sera le plus difficile, ça va faire monter pas mal de ranc½ur." L'emploi du "Monsieur" à l'adresse du sélectionneur et de celui qui, en tant qu'entraîneur des gardiens, a sans doute joué un rôle déterminant dans le choix final, n'est certainement pas anodin et montre que Coupet met une distance avec deux hommes à qui il va sans doute avoir un certain mal à pardonner.
Le temps fera-t-il son ½uvre ? C'est en tout cas le souhait immédiat du désormais n°2 de l'équipe de France: "Je vais essayer de me préserver, de m'enfermer dans une bulle avec ma famille pour être en pleine sérénité. J'ai une semaine pour savoir le bon comportement à tenir." Une semaine qui s'annonce sans doute comme une éternité pour un homme qui croyait enfin son tour venu, d'autant qu'à 33 ans, il tenait sans doute sa dernière opportunité de disputer une Coupe du monde dans la peau d'un titulaire...